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Quand vous travaillez avec un freelance pour créer un site web, une identité visuelle ou une application, signer un devis ne suffit pas. Ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement la réalisation de la mission, mais ce que vous pourrez faire — ou non — du résultat une fois la mission terminée.

Et sur ce point, beaucoup d’entreprises découvrent trop tard que le droit ne va pas dans leur sens.

La propriété des livrables n’est jamais automatique

En droit, le principe est simple : ce que le freelance crée lui appartient, sauf si le contrat prévoit expressément une cession de droits.

Le paiement d’une facture ne transfère pas les droits d’auteur. Pour pouvoir exploiter librement les livrables, il faut une clause écrite, qui précise clairement :

  • les droits cédés,

  • les usages autorisés,

  • les supports concernés,

  • la durée,

  • le périmètre géographique.

Sans ces précisions, vous n’avez pas juridiquement le droit d’utiliser les créations comme vous l’entendez.

Les droits d’auteur s’appliquent aussi aux sites Internet

Un site internet est une œuvre de l’esprit. Cela signifie que :

  • le code,

  • les visuels,

  • les textes,

  • l’architecture du site

sont protégés par le droit d’auteur.

Sans cession de droits, le freelance peut théoriquement :

  • s’opposer à des modifications,

  • refuser une réutilisation sur un autre support,

  • contester certains usages non prévus.

En cas de litige, le droit est clairement de son côté.

La remise des livrables doit être précisément encadrée

Un contrat doit détailler ce qui est remis à la fin de la mission, notamment :

  • le site en version finale,

  • les accès au back-office,

  • le nom de domaine,

  • l’hébergement,

  • les fichiers sources (design, code, images),

  • les documentations techniques éventuelles.

Exemple concret

Vous confiez la création de votre site vitrine à un freelance. Il développe le site sur ses outils, l’héberge sur une solution qu’il gère, et met le tout en ligne.

Vous êtes satisfait, vous payez la facture. Quelques mois plus tard, vous souhaitez changer de prestataire.

Problème : rien n’a été prévu contractuellement. Le freelance considère qu’un transfert nécessite une nouvelle facturation. Il refuse de transmettre les accès tant que ce n’est pas réglé.

Résultat : votre site vous échappe, alors même que vous l’avez financé.

Sans cadrage contractuel, c’est parole contre parole. Et pendant ce temps, votre activité est bloquée.

Le vrai propriétaire est celui qui détient les accès

Un point est souvent sous-estimé : celui qui détient les accès détient le pouvoir.

Les outils stratégiques doivent impérativement être créés :

  • au nom de l’entreprise,

  • avec des accès administrateur maîtrisés.

Cela concerne notamment :

  • l’hébergement,

  • le nom de domaine,

  • le CMS,

  • les outils de mesure (Google Analytics, Search Console, etc.).

Sinon, vous restez dépendant du freelance, même après la fin de la mission. C’est une erreur fréquente dans les projets digitaux lancés dans l’urgence.

Et si rien n’est prévu contractuellement ?

En cas de conflit, sans contrat clair :

  • vous devrez prouver que les livrables vous appartiennent,

  • démontrer que les accès devaient vous être remis,

  • justifier votre droit d’usage.

Ce sont des contentieux longs, coûteux et incertains. Et surtout, totalement évitables.

Lorsque vous faites appel à un freelance, vous devez anticiper la fin dès le départ :

  • que se passe-t-il si la mission s’interrompt ?

  • si vous changez de prestataire ?

  • si la relation se tend ?

Sans contrat, vous dépendez du bon vouloir de votre prestataire. La seule solution est d’anticiper :

  • rédiger un contrat,

  • encadrer la cession de droits,

  • prévoir la remise des livrables et des accès.

Se faire accompagner permet d’éviter les oublis, de sécuriser juridiquement les créations… et de garder la maîtrise de votre projet digital.