Avant même d’écouter votre pitch, les investisseurs veulent être rassurés. Rassurés sur votre capacité à piloter une entreprise, à anticiper les risques et à structurer une croissance durable.
Et cette rassurance passe d’abord par le juridique. Pas le juridique théorique, mais le juridique concret : celui qui montre que l’entreprise est solide, organisée et maîtrisée.
Voici ce que les investisseurs regardent en priorité, bien avant de parler valorisation.
Une gouvernance claire et structurée claire et structurée
Des statuts à jour et adaptés à la réalité
Les statuts sont le premier document examiné. Pas un modèle bricolé au lancement, mais des statuts :
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clairs,
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à jour,
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cohérents avec la répartition du capital,
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qui prévoient les règles de décision,
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et les conditions d’entrée ou de sortie des associés.
Des statuts qui ne reflètent plus la réalité du fonctionnement de l’entreprise sont un signal d’alerte immédiat.
Le pacte d’associés : le contrat interne clé
Le pacte d’associés est un document central pour les investisseurs.
Il montre que vous avez anticipé :
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les départs,
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les désaccords,
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l’arrivée de nouveaux associés,
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les situations de blocage.
Un pacte bien rédigé permet d’éviter que l’entrée d’un investisseur ne vienne figer ou déséquilibrer la gouvernance existante.
Une gouvernance formalisée
Si tout se décide “à l’oral” depuis plusieurs années, c’est un problème.
Les investisseurs veulent voir :
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des décisions formalisées,
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des procès-verbaux d’assemblée,
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des nominations écrites,
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des délégations de pouvoirs claires.
Ce formalisme n’est pas du luxe : c’est la preuve que l’entreprise est pilotée, et pas simplement portée à bout de bras.
Des contrats stratégiques solides et exploitables
Les investisseurs vont ensuite analyser vos contrats clés :
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prestataires,
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partenaires,
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développeurs,
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fournisseurs stratégiques.
Avoir “un contrat” ne suffit pas. Un bon contrat est un outil de gestion, pas un simple document signé.
Il doit être :
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facile à retrouver,
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compréhensible sans interprétation,
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et surtout pensé pour les scénarios réels du business.
Exemples de questions que les investisseurs posent :
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Que se passe-t-il si vous arrêtez un partenariat technique ?
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Récupérez-vous les livrables ?
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Qui détient les accès ?
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Les conditions de sortie sont-elles encadrées ?
Un contrat incomplet, flou ou introuvable dans un drive partagé suffit à semer le doute sur l’ensemble du projet. Les zones grises font fuir. Et un contrat mal ficelé est souvent interprété comme un manque de pilotage global.
Les aspects légaux scrutés de près
Le RGPD
Le RGPD n’est pas une option. Les investisseurs vérifient :
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la conformité du traitement des données,
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la base légale de la collecte,
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la gestion des consentements,
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la capacité à répondre aux demandes d’accès ou de suppression.
Une non-conformité expose l’entreprise à des sanctions de la CNIL… y compris en plein tour de table. Autant dire que c’est un point bloquant.
La propriété intellectuelle
C’est souvent là que les mauvaises surprises apparaissent. Les investisseurs vérifient notamment :
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si la marque est déposée,
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au nom de qui elle l’est (société ou fondateur),
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si les droits sur le logo, le site, les contenus, les produits ont bien été cédés à la société.
Un actif stratégique qui n’appartient pas juridiquement à l’entreprise est un signal rouge immédiat. Peu importe la qualité du projet : si les droits ne sont pas sécurisés, l’investissement devient trop risqué.
Une levée de fonds ne s’improvise pas. Avant d’ouvrir votre capital, il est indispensable de sécuriser les fondations juridiques de l’entreprise.
C’est là que l’intervention d’un avocat prend tout son sens :
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revue des contrats stratégiques,
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sécurisation de la propriété intellectuelle,
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dépôt et titularité de la marque,
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mise en conformité RGPD,
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clarification de la gouvernance.
Un contrat incomplet, une marque déposée au nom du fondateur ou des données collectées sans base légale claire suffisent à faire fuir un investisseur.
Le rôle de l’avocat est de mettre tout à plat, de vérifier, de réorganiser et de sécuriser. Il transforme un patchwork juridique en un socle cohérent, lisible et rassurant. Si votre projet est prêt, mais que l’entreprise vous semble encore bancale, c’est peut-être le bon moment pour regarder les choses en face… et tout remettre d’équerre avant de frapper à la porte des investisseurs.
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